Une certification territoriale BIO, pourquoi pas !

Une certification territoriale BIO, pourquoi pas !

par Gervais Laprise, conseiller sénior en développement agroalimentaire

Depuis quelques années, la région se distingue du reste du Québec par le plein essor de l’agriculture biologique. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est en effet la première région du Québec avec 5% de sa surface agricole cultivée en biologique. Autre statistique intéressante : 9% des producteurs laitiers détiennent la certification biologique contre une moyenne québécoise de 3%. 

Le plan de développement agroalimentaire 2018-2025 de la MRC Domaine-du-Roy prévoit le support aux filières biologiques. En 2019, un collectif de citoyens mené par M. Carl Bouchard, de Bouchard Artisan Bio, a d’ailleurs lancé la vision de devenir une région bio en 2050. C’est donc dans ce contexte que les MRC de la région et Ville Saguenay se sont concerté autour d’un projet de développement d’une certification régionale BIO. Cette initiative novatrice vise à doter la région d’un plan de développement concret pour appuyer les filières agricoles dans la transition vers une agriculture biologique, pour ensuite valoriser et reconnaître les efforts collectifs des acteurs du territoire.

Diagnostic du territoire

La première étape du mandat consistait à faire un état des lieux des filières agricoles biologiques au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les consultants ont analysé l’organisation des filières, le réseau d’accompagnement, la distribution et la consommation des produits biologiques. Près de trente acteurs du territoire ont été sollicités en 2020. Voici les principaux constats :

    • Au niveau de la distribution, le marché des produits biologiques est en croissance au Québec comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Toutefois, cela demeure un marché de niche représentant 1,5% du marché total au Québec. L’enjeu d’accès au marché est réel dans la région. Les acteurs ont souligné des enjeux sur le coût du transport, la réponse à la demande des grandes bannières, l’accès à des entreprises de collecte et de transformation, ou encore l’accès aux intrants biologiques. L’éloignement entre producteurs ne favorise pas la vente directe même si les réseaux alternatifs se déploient. Il y a donc deux besoins : structurer les filières et faire un travail de promotion et de sensibilisation auprès des consommateurs.
    • Les acteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont conscience que le développement du bio et du local est lié à une demande sociétale croissante. La pandémie a accentué ce phénomène. Mais une grande partie des consommateurs conserve une attitude « au meilleur prix ». C’est-à-dire, une propension à payer en moyenne une prime de 5% à 10% quand un produit affiche une composante locale ou BIO.  La sensibilisation à l’alimentation est un élément fondamental par les politiques publiques pour orienter les décisions d’achat d’alimentation de demain. (Étude Bleue/Léger 2020)

Étude de faisabilité 

Pour ce volet du mandat, les consultants se sont concentrés sur la MRC Domaine-du-Roy comme pilote du projet global. La MRC a une ambition forte d’être chef de file de la filière biologique au Québec. Dans le but de renforcer le développement du bio, la MRC Domaine-du-Roy souhaitait identifier les leviers possibles pour déployer les pratiques biologiques au sein des filières du territoire. L’approche a donc consisté d’abord à mieux connaître les pratiques actuelles des filières et les enjeux liés au développement et au maintien des pratiques biologiques. Une douzaine d’acteurs professionnels et cinq experts techniques ont été consultés sur leurs pratiques. Face à ces enjeux, des leviers de développement ont été identifiés collectivement.

Les enjeux tournent autour de quatre thématiques :

    1. Faciliter le démarrage de l’activité

Le besoin des agriculteurs d’anticiper la conversion à l’agriculture biologique est un enjeu non négligeable. La nécessité d’avoir un « déclic psychologique » est toute aussi importante à considérer que les freins techniques. Les motivations pour s’engager en agriculture biologique sont diverses. La communication doit répondre aux intérêts multiples des producteurs sur leurs projets de conversion, que ce soit par conviction ou par intérêt économique.

    1. Diffuser la connaissance technique

Les leviers apportés par les acteurs sont de l’ordre de l’entraide. Par exemple proposer un système de mentorat entre producteurs pour permettre des accompagnements ponctuels sur des problèmes concrets. Ou encore faire de la formation sur les engrais verts. Les experts conseillers sont une ressource potentielle à supporter ces initiatives.

    1. L’élevage laitier

C’est la filière la plus importante au Saguenay-Lac-Saint-Jean et les besoins semblent augmenter. La diminution des rendements en fourrages dans un contexte de changement climatique pose potentiellement un enjeu d’approvisionnement pour l’alimentation du bétail.

    1. Mieux vendre le bio

La mise en marché concerne tant le marché local, national qu’international. Les acteurs ont proposé d’aller chercher des nouvelles filières comme la viande. Il a aussi été proposé de faire du coaching avec des producteurs et des transformateurs pour travailler sur la mise en marché.

La certification de territoire est un outil visant à promouvoir l’espace agricole régional et valoriser les engagements de la MRC. Les acteurs, qu’ils soient publics ou privés, s’accordent à établir ce plan de développement du territoire à travers, notamment, l’appui à la mise en place progressive de productions biologiques. Le projet a tout avantage à s’inspirer d’initiatives existantes à l’international, comme celles-ci :

    • Bio-district de Cilento : les municipalités du sud de l’Italie ont œuvré pour le développement d’une filière territoriale favorisant le développement économique, social et environnemental local.
    • La marque Biovallée® est un projet qui a vu le jour dans l’est de la France en 2009. Les municipalités ont créé une approche intégrée avec une marque de promotion des produits bios locaux associé à tout un système d’accompagnement et de promotion locale.

Des acteurs du territoire ont été consulté sur l’intérêt d’un système de reconnaissance. Un scénario a retenu l’attention des acteurs lors d’un atelier de présentation. L’idée est de valoriser et reconnaître le travail collectif des acteurs à rendre le territoire exemplaire en matière de durabilité d’ici 2025. Comment ? Par la mise en place progressive des pratiques durables, y compris biologiques, sur un espace agricole. Agroécologie et agriculture biologique seraient des outils parmi tant d’autres qui œuvrent pour le développement durable du territoire. La démarche se ferait dans un cadre avec des bonnes pratiques à suivre et définies collectivement. La certification de territoire valoriserait les efforts des acteurs et donnerait le chemin à suivre. Comme les exemples cités précédemment, on aurait donc une « marque régionale » octroyée à chaque acteur participant au projet. La démarche serait graduelle avec des niveaux d’exigences de plus en plus ambitieux pour les acteurs.

Ce scénario donne une certaine souplesse de choix et d’action aux acteurs. La certification prévoit une récompense pour les actions menées. Il permet de garantir une mise en place des pratiques au consommateur par un contrôle de qualité. Il ne reste qu’à concrétiser cette cible : Quel périmètre d’actions ? Quelle gouvernance ? Tout est à construire, mais la machine est en marche !

La réalisation de ce projet a été rendu possible grâce au cabinet de conseil en développement durable et filiale d’Ecocert, DES ENJEUX ET DES HOMMES, et à la contribution des MRC, de Ville Saguenay et le MAPAQ.



Ayant comme mission de fabriquer des produits originaux à saveur régionale, la chocolaterie La Maison du Bleuet se démarque en offrant une variété de produits à base de bleuets sauvages biologiques.

 

Dans l’objectif de poursuivre la mission de cette entreprise représentant le secteur agroalimentaire, les professionnels du CLD ont supporté celle-ci dans la réalisation de son plan d’affaires et dans son projet de relève entrepreneuriale permettant à la nouvelle génération de reprendre le flambeau de cette belle entreprise familiale.

 

De plus, cette entreprise proactive, constamment à la recherche de nouveaux marchés et de nouveaux équipements visant à augmenter la productivité de ses installations, a fait appel au CLD afin de la supporter financièrement dans le but d’assister à divers salons et effectuer des missions de niveau international.

Les sentiers du club Vélo2max à Saint-Félicien sont reconnus pour leur qualité et la diversité qu’ils offrent, soit plus de 80 km de sentiers bien entretenus dans un décor enchanteur et ressourçant, en plein cœur de la forêt. De plus, cette organisation a mis en place plusieurs championnats qui contribuent au rayonnement touristique de notre territoire.

Afin d’optimiser l’expérience client, le CLD a contribué à l’achat d’équipements offerts sur place. Il a également fourni un support financier à l’élaboration d’un plan d’affaires et à la conception d’une planification stratégique dans le but de permettre à l’entreprise de bien se positionner quant à ses démarches futures.

La Manufacture Thomas Gosselin fabrique des vêtements dans son atelier de Saint-Félicien depuis 1969. Elle a atteint une renommée internationale dans la confection de vêtements de travail, d’habits de motoneige et de plein air de haute qualité pour adulte et pour enfant.

Afin de poursuivre le développement de son entreprise, d’accroître sa production et de bien positionner ses produits sur le marché, l’entreprise n’hésite pas à recourir aux services-conseils du CLD en plus de bénéficier de l’aide financière pour le développement de sa nouvelle image de marque ainsi que pour l’acquisition de nouveaux logiciels.

Ouverte en 2017, la Microbrasserie Beemer inc. offre des produits pour le grand public ainsi que pour les connaisseurs. C’est à travers ses quatre bières que la microbrasserie les invite à revivre l’histoire locale.

Le CLD est fier d’avoir contribué au démarrage de cette entreprise en l’accompagnant dans les différentes étapes de développement de son projet d’affaires, dans son positionnement marketing et dans la commercialisation de ses produits.

Le CLD a également soutenu la Distillerie Beemer, fière représentante du secteur agroalimentaire, lors d’une mission commerciale en Europe.

Travailleuse autonome, Kathleen Gagnon a la passion des chevaux. Artisane dans l’âme, elle est la gagnante du défi OSEntreprendre 2019 dans la catégorie services aux individus. L’accompagnement et le soutien financier accordés par le CLD lui ont permis de réaliser son rêve en créant son propre emploi. Une contribution financière lui a également permis d’acquérir l’équipement nécessaire au démarrage de son entreprise.

Avec plus de 25 ans d’expérience, Desco inc. offre des services de mécanique industrielle, de fabrication, d’installation, d’optimisation et d’entretien de machines ou tout autre équipement connexe. Puisque la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs manufacturiers est une problématique d’actualité, l’entreprise a reçu les services professionnels et le soutien financier du CLD dans le cadre d’une mission internationale de recrutement qui lui a permis de recruter des ressources spécialisées.